Provence

L'avis de l'expert:

La consommation de rosé de Provence bat tous les records en France. Définitivement associée à cette couleur, la région surfe sur cette demande de vin estival et tout terrain. Dans le millésime 2006, elle y consacre plus de 80% de sa production, avec l’inquiétude non dissimulée de se voir prendre d’importantes parts de marché par des vignobles concurrents. Car l’immense et récent succès des rosés auprès des consommateurs poussent toutes les régions à en augmenter leur production, le Bordelais en tête avec ses fameux clairets. Dans cette famille diaphane, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Il y a les starlettes de l’appellation Côtes de Provence et de Bandol bues dans les restaurants du littoral à plus de 20 euros la bouteille. Et puis, il y a ceux de l’arrière pays, pour ne pas dire les obscures, d’Aix ou des Coteaux Varois, toutes aussi délicieuses, mais tellement moins « sexy ». Faut-il préciser que c’est dans ces contrées que les bonnes affaires se font ? La Provence compte huit AOC auxquelles s’ajoute une production assez importante, en volume, de vins de pays. Les Côtes de Provence sont les plus étendues. Elles produisent beaucoup de bouteilles afin de satisfaire le chaland estival assoiffé. Les plus exigeants commencent à découvrir les blancs de qualité. Misez sur les rouges souvent riches, joliment bouquetés et en nets progrès depuis quelques années, bien que cette tendance, constatée à la fin des années 90, soit retombée aussi vite qu’elle était arrivée… Dans le registre des rouges de garde, retranchez-vous sur le Bandol, appellation riche en grands domaines ayant une véritable expérience du cépage mourvèdre. Jeunes, les vins paraissent austères, mais après trois ou quatre années de vieillissement, devenus complexes, ils s’accordent à table sur les grandes viandes. Les rosés sont plus charpentés qu’en Côte de Provence, mais attention, les prix flambent ! E t il est souvent inutile de mettre 15 euros dans un rosé de Bandol, alors qu’en Côte de Provence, vous le trouvez, à qualité égale, à 7 ou 8 euros, ce qui est déjà bien payé. Dans des tranches de découverte à prix sages, les coteaux d’Aix-en-Provence et les coteaux Varois se situent dans un bon créneau, avec des vins tendres, dits d’entrée de gamme, préservant le fruit. Leurs voisins, les Baux-de-Provence, ont connu une envolée des prix, et les rouges sont difficilement accessibles à moins de 10 euros, mais la tendance, face à la crise, s’inverserait…

Les derniers millésimes :

2006 : 16/20       Garde : dès maintenant et sur 7 ans

2005 : 13/20       Garde : dès maintenant et sur 5 ans

2004 : 17/20       Garde : dès maintenant et sur 5 ans

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Dernière mise à jour de cette page le 03/04/2008
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